La Suisse est l’un des pays qui génère le plus d’expatriés à hauts revenus en Europe, proportionnellement à sa population. Paradoxalement, ce ne sont pas des ressortissants étrangers qui quittent la Suisse pour rentrer dans leur pays d’origine, mais bien des résidents suisses, qu’ils soient citoyens helvétiques ou expatriés établis de longue date, qui choisissent de quitter la Confédération pour des raisons fiscales, professionnelles ou de qualité de vie. En 2026, cette tendance s’est accentuée dans un contexte où plusieurs États membres de l’UE ont développé des régimes fiscaux spécifiquement conçus pour attirer les résidents à hauts revenus, et où les outils juridiques permettant de structurer une expatriation de façon optimisée, notamment à travers la création d’une société européenne comme décrit dans notre guide sur ouvrir une société en Europe et un compte bancaire, sont de plus en plus accessibles et documentés.

Le contexte fiscal suisse qui pousse certains résidents vers l’Europe

La Suisse n’est pas uniformément avantageuse sur le plan fiscal. La charge fiscale totale varie considérablement selon le canton et la commune de résidence, et les différences peuvent être significatives même au sein d’un même canton entre différentes communes. Les cantons romands, Genève et Vaud notamment, figurent parmi les plus fiscalement chargés de la Confédération pour les revenus élevés, ce qui crée une pression réelle sur les résidents à hauts revenus qui n’ont pas d’attachement particulier à leur canton de résidence.

La charge sociale et le coût de la vie en Suisse sont deux facteurs complémentaires qui entrent dans le calcul. Les primes d’assurance maladie obligatoire ont augmenté de façon significative ces dernières années, représentant pour une famille une charge mensuelle qui peut dépasser CHF 1 500 à 2 000 selon le canton et le modèle d’assurance choisi. Le coût du logement dans les zones économiquement actives, particulièrement autour de Genève, Zurich, Bâle et Lausanne, est parmi les plus élevés d’Europe.

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Pour un indépendant ou un entrepreneur dont l’activité ne requiert pas une présence physique en Suisse, la combinaison de ces facteurs crée un calcul qui peut rendre une expatriation vers une destination européenne à la fois fiscalement et qualitativement attractive.

Malte : l’option EU la plus complète pour les résidents suisses

Malte combine plusieurs avantages qui en font l’une des destinations les plus complètes pour les résidents suisses qui souhaitent s’expatrier dans l’Union européenne. Le Global Residence Programme permet aux résortissants non-UE, comme les citoyens suisses, d’obtenir une résidence fiscale maltaise avec un taux d’imposition forfaitaire de 15% sur les revenus étrangers remis à Malte, et une exemption totale sur les revenus étrangers non remis à Malte.

L’environnement entièrement anglophone élimine la barrière linguistique qui complique l’intégration dans des destinations comme le Portugal, l’Italie ou la Grèce pour les résidents suisses dont le français ou l’allemand est la langue principale mais qui maîtrisent l’anglais. Le climat méditerranéen avec plus de 300 jours de soleil par année représente un contraste saisissant avec les hivers alpins, et la qualité de vie générale, combinant infrastructure européenne, gastronomie méditerranéenne et accès immédiat à la mer, est unanimement appréciée par les expatriés installés sur l’île.

Portugal : la destination la plus établie pour les Suisses francophones

Le Portugal a accueilli un nombre croissant de résidents suisses ces cinq dernières années, attirés par la combinaison du régime NHR devenu IFICI, d’un coût de la vie significativement inférieur à la Suisse, d’un climat atlantique généreux et d’une qualité de vie dont la réputation internationale n’est plus à faire.

Lisbonne et Porto sont les destinations principales pour les expatriés suisses actifs professionnellement, avec une infrastructure de coworking mature, une scène entrepreneuriale dynamique et une communauté d’expatriés suffisamment large pour faciliter l’intégration sociale. La région de l’Alentejo et l’Algarve attirent davantage les profils qui cherchent un rythme de vie plus tranquille et un coût de l’immobilier inférieur aux capitales.

La langue est le principal facteur d’adaptation pour les résidents suisses. Si le niveau d’anglais de la population portugaise, notamment jeune et urbaine, est parmi les plus élevés d’Europe du Sud, l’administration, les relations sociales profondes et la vie quotidienne hors des centres touristiques se déroulent en portugais, et une intégration réussie à long terme requiert un investissement dans l’apprentissage de la langue.

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Grèce : la renaissance d’une destination sous-estimée

La Grèce a opéré un retournement remarquable dans sa perception par les expatriés européens en l’espace de quelques années. Longtemps associée à l’instabilité économique et administrative, elle a développé depuis 2020 plusieurs programmes structurés pour attirer les résidents à hauts revenus et les télétravailleurs, et son attractivité auprès des expatriés suisses a augmenté de façon significative.

Le régime fiscal grec pour les nouveaux résidents prévoit une flat tax de 100 000 euros par an sur tous les revenus étrangers, indépendamment de leur montant, ce qui le rend particulièrement avantageux pour les personnes à très hauts revenus. Ce régime est valable pour quinze ans et vise explicitement les personnes qui n’ont pas été résidents fiscaux grecs au cours des sept des dix dernières années.

Athènes a développé une scène entrepreneuriale et culturelle qui surprend agréablement la plupart des expatriés. Le coût de vie reste significativement inférieur à la Suisse malgré une inflation notable ces dernières années, et la qualité de l’alimentation, de la vie sociale et de l’accès à la nature méditerranéenne crée une qualité de vie globale qui explique l’enthousiasme croissant des expatriés pour cette destination.

Italie : le régime forfaitaire pour les hauts revenus étrangers

L’Italie a mis en place un régime de flat tax spécifique pour les nouveaux résidents fiscaux qui prévoit une imposition forfaitaire de 200 000 euros par an sur l’ensemble des revenus étrangers, indépendamment de leur montant réel. Ce régime, valable pour quinze ans, rend l’Italie particulièrement attractive pour les résidents suisses disposant de revenus étrangers très élevés, notamment des entrepreneurs ayant réalisé des cessions significatives ou percevant des dividendes importants de structures étrangères.

La qualité de vie italienne est universellement reconnue et le cadre culturel, gastronomique et climatique est exceptionnel. Les régions du nord de l’Italie, particulièrement la Lombardie et le lac de Côme, sont géographiquement et culturellement proches de la Suisse romande et alémanique, ce qui facilite la transition pour les résidents suisses qui souhaitent rester géographiquement proches de leurs connexions professionnelles et familiales en Suisse.